“ Seuls les sports qui se pratiquent sur la neige ou sur la glace sont considérés comme sports d’hiver ”
Les Jeux Olympiques d'hiver constituent un événement qui ne peut laisser indifférent aucun véritable amateur de sport ! Les Jeux Olympiques d'hiver sont à juste titre les plus spectaculaires : les skieurs dévalant des pentes vertigineuses, les magnifiques affrontements de hockey, la maestria raffinée des patineurs artistiques, l'excitation de la poursuite au biathlon exercent une fascination capable de retenir des centaines de millions de téléspectateurs rivés à leurs écrans pendant deux semaines. Mais rien ne peut retransmettre le bouillonnement passionné qui règne dans les tribunes !
Les Jeux d'hiver 2014 à Sochi seront uniques : jamais encore les Jeux Olympiques d'hiver n'ont proposé un programme sportif aussi riche. Ils se distinguent à la fois par le nombre total d'épreuves et par les nouvelles épreuves apparaissant dans le programme, au nombre de 12 ! Les épreuves et les lots de médailles sont donc au nombre de 98. C'est 12 de plus qu'aux Jeux de Vancouver en 2010 et 14 de plus qu'à Turin en 2006. D'autre part, les Jeux de Sochi seront les plus respectueux de la parité de toute l'histoire des Jeux d'hiver : les athlètes féminines seront présentes en nombre record.
Comment tout a commencé...
Au début du Mouvement Olympique, le programme des Jeux se composait de disciplines sportives des pays scandinaves, anglo-saxons et alpins. Ce n'est qu'après la Seconde Guerre mondiale qu'il devint plus structuré et normalisé. Dans les années 1960 à 1980, le nombre d'épreuves au programme des Jeux Olympiques d'hiver resta relativement stable et les nouvelles épreuves furent adoptées sporadiquement. À partir des Jeux de Sarajevo en 1984, tout changea profondément et le programme doubla quasiment, grâce à l'introduction de nouvelles disciplines et l'ajout de nouvelles distances et styles en ski de fond. Les années 1990 et le début des années 2000 virent s'ajouter au programme sportif des Jeux Olympiques le patinage de vitesse sur piste courte, le ski acrobatique, le biathlon féminin, le snowboard, le curling, le skeleton et d'autres disciplines.
Les premiers Jeux Olympiques d'hiver eurent lieu en France à Chamonix sous le nom de « Semaine des sports d'hiver », en 1924, et 16 pays y participèrent. Ces Jeux ne suscitèrent pas un grand intérêt de la part des organisateurs, mais ils firent progresser une idée : les Jeux Olympiques d'hiver furent accueillis très favorablement par l'opinion publique.
Le lieu des Jeux Olympiques d'hiver suivants, en 1928, fut choisi par concours et ce fut la ville suisse de Saint-Moritz qui prit le relais. Ces Jeux subirent des conditions météorologiques difficiles et plusieurs épreuves durent être annulées. Mais les effectifs étaient déjà plus représentatifs, avec plus de 450 participants de 25 pays.
Les troisièmes Jeux d'hiver en 1932 furent les premiers d'Amérique du Nord. Ils se déroulèrent à Lake Placid, aux États-Unis. Pour la première fois, des cérémonies officielles d'ouverture et de clôture furent organisées, et les médailles furent remises aux athlètes sur le podium après les épreuves. En raison de la Grande Dépression, seuls 17 pays participèrent à ces Jeux.
En 1936, les IVème Jeux Olympiques d'hiver furent accueillis par la station de sports d'hiver allemande de Garmisch-Partenkirchen, malgré les nombreuses protestations contre la tenue de Jeux dans l'Allemagne nazie. Des équipes de 28 pays participèrent et, pour la première fois, la flamme olympique fut solennellement allumée lors de la cérémonie d'ouverture et elle brûla jusqu'à la clôture des Jeux. Cette tradition s’est poursuivie jusqu'à aujourd'hui.
Après une interruption des Jeux de 12 ans, due à la Seconde Guerre mondiale, les Vème Jeux, qui se déroulèrent à nouveau à Saint-Moritz en Suisse, furent baptisés les « Jeux du renouveau ». Ils attirèrent des concurrents de 28 pays, mais ni l'Allemagne, ni le Japon ne furent invités, les souvenirs de la guerre étant encore trop frais dans les mémoires. À cause des difficultés financières, beaucoup d'athlètes étaient mal équipés, ou n'avaient pas leur propre matériel.
Les VIème Jeux Olympiques d'hiver à Oslo, en Norvège, furent l'occasion d'introduire de nombreuses nouveautés : voyage de la flamme olympique dans tout le pays, ouverture des Jeux par une femme, choix d'une capitale nationale plutôt qu’une station de sports d'hiver. Des athlètes de 30 pays furent présents.
Les Jeux Olympiques d'hiver suivants se déroulèrent à Cortina d'Ampezzo, dans les Dolomites italiennes, en 1956. Les sportifs soviétiques y firent une performance éclatante : ce fut aussi la première retransmission télévisée en direct. Les épreuves pouvaient être suivies par 22 pays. Les Jeux de 1956 bénéficièrent d'une participation record : 821 personnes de 32 pays.
La station de sports d'hiver de Squaw Valley fut construite spécialement pour les Jeux Olympiques d’hiver de 1960 aux États-Unis. Ces Jeux virent pour la première fois l'utilisation du ralenti vidéo. L'hymne olympique récemment adopté par le CIO est joué lors de la cérémonie d'ouverture.
Innsbruck, 1964, Autriche. Ces Jeux furent l'occasion de construire dans la capitale tyrolienne un village olympique, ainsi qu'un autre plus petit à Seefeld pour les concurrents des épreuves de ski. Pour la première fois, les installations sportives se trouvaient dans des villes différentes, et la flamme olympique fut allumée à Olympie. Les épreuves de ski alpin furent chronométrées au centième de seconde près.
Les Jeux de Grenoble, en France en 1968, permirent pour la première fois aux téléspectateurs de suivre les épreuves en couleur. Les pistes de patinage et de bobsleigh, qui étaient auparavant construites les unes à côté des autres, furent cette fois réparties dans deux stations différentes, situées à plusieurs dizaines de kilomètres d'écart. La commission médicale du CIO procéda au premier contrôle du dopage.
Les Jeux Olympiques d'hiver se déroulèrent pour la première fois en Asie, au Japon, à Sapporo. Les hôtes se montrèrent à la hauteur pour la préparation des Jeux. Les sportifs étonnèrent : les trois médailles du saut à ski revinrent au Japon, le patineur néerlandais Ard Schenk et la skieuse soviétique Galina Kulakova remportèrent chacun trois médailles d'or, et l'Espagnol Francisco Ochoa décrocha l'or en ski alpin, unique médaille d'or de l'Espagne aux Jeux Olympiques d'hiver.
En 1976, pour marquer la deuxième édition des Jeux à Innsbruck à 12 ans d'intervalle, deux vasques sont allumées pour la flamme olympique. On peut encore aujourd'hui admirer le tremplin de saut à ski sur la montagne de Bergisel, qui domine la ville. Ces Jeux furent la première occasion d'utiliser la même piste pour les compétitions de bobsleigh et de luge.
1980, Lake Placid, États-Unis. Lake Placid est la ville qui a présenté le plus de demandes pour accueillir des Jeux Olympiques d'hiver : huit en tout ! Après Saint-Moritz et Innsbruck, ce fut la troisième ville à recevoir les Jeux d'hiver deux fois. Pour la première fois, les organisateurs utilisèrent de la neige artificielle. Après les Jeux, le village olympique devint une prison.
En 1984, les Jeux d'hiver se déroulèrent en Yougoslavie, à Sarajevo, actuelle capitale de la Bosnie-Herzégovine. Le développement des droits de diffusion télévisée ouvre une nouvelle page de l’économie du sport.
Les Jeux Olympiques de Calgary en 1988 sont les premiers Jeux d'hiver de l'histoire du Canada. Les installations sportives du parc olympique canadien, piste de luge et tremplin, construits à la limite de la ville, restèrent longtemps les seules de ce type pour l'entraînement des athlètes dans cette partie de l'Amérique du Nord.
Albertville, 1992. Pour les troisièmes Jeux Olympiques d'hiver accueillis par la France, le village olympique se trouva pour la première fois non pas dans la ville organisatrice ou ses environs, mais dans une ville thermale à une trentaine de kilomètres. Seules les épreuves sur glace et les cérémonies se tinrent à Albertville.
Les Jeux de 1994, dans la ville norvégienne de Lillehammer, marquèrent le début d'une nouvelle ère pour les Jeux Olympiques d'hiver : pour les distinguer des Jeux Olympiques d'été, ils eurent lieu deux ans seulement après les Jeux d'hiver à Albertville. Mais ce furent surtout les premiers Jeux placés sous le signe du respect de l'environnement.
En 1998, le Japon accueillit les Jeux Olympiques d'hiver pour la deuxième fois, dans la ville de Nagano. Le curling revint au programme des Jeux et le snowboard et le hockey sur glace féminin firent leur apparition. Ces Jeux firent aussi une place importante à la protection de l'environnement.
En 2002, aux Jeux Olympiques d'hiver de Salt Lake City aux États-Unis, la majorité des installations sportives se trouvaient en altitude. Le ski de fond se déroula à l'altitude maximale autorisée par la Fédération Internationale de Ski et la patinoire de Salt Lake fut l'une des plus élevées du monde.
Aux Jeux de 2006 à Turin, en Italie, les spectateurs purent découvrir de nouvelles disciplines, dont le snowboard cross, la poursuite par équipes en patinage de vitesse et le départ groupé en biathlon. La Lettonie remporta sa première médaille d'or pour des sports d'hiver. La France obtint sa première médaille pour le ski de fond et la Finlande pour le ski alpin.
Vancouver, 2010, Canada. Deux nouvelles disciplines s'ajoutèrent au programme olympique : le ski cross masculin et féminin. Des sportifs de six nouveaux pays participèrent aux Jeux d'hiver : le Monténégro, la Colombie, le Pakistan, le Ghana, le Pérou et les Îles Caïmans. Lors de la cérémonie de clôture, le drapeau olympique fut solennellement remis à Anatoli Pakhomov, maire de Sochi, la ville qui accueillera les Jeux d'hiver en 2014. Quelques 80 pays y participeront, représentés par l'effectif inédit de 5 500 athlètes individuels et en équipes. Les Jeux de Sochi seront suivis par environ 3 milliards de téléspectateurs du monde entier.